Critique du livre de Jean-Pierre Luminet intitulé : "Ulugh Beg l'astronome de Samarcande"

Roman édité chez JC Lattès
 
 
Pour son septième roman d'histoire des sciences Jean Pierre Luminet nous entraîne dans le monde arabo-persan pendant la première moitié du XVe siècle.
 
Ulugh Beg était le petit fils de Tamerlan qui mit toute la région à feu et à sang, il ne se contentait pas de piller les trésors des cités qu'il renversait il raflait également les savants, les enseignants et les artisans qu'ils déportaient jusqu'à Samarcande sa capitale.
 
C'est alors qu'il faisait le siège de la citadelle de Mardin que son plus jeune fils Chah Rukh Mirza vient lui annoncer la naissance de son petit fils Muhammad Targaï. C'est Tamerlan qui lui donna son titre de Ulugh Beg (grand prince).
 
Ulugh Beg régnera 38 ans comme représentant de son père dans la cité de Samarcande puis 2 ans et 8 mois comme Prince de Transoxiane ( cela correspond à l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, le sud du Kazakhstan et la plus grande partie de l' Afghanistan actuel) On comprend mieux que les règnes de son grand père et de son père ne furent qu'une suite de guerre, de tractation et de mariage arrangés pour maintenir  l'unité du territoire.
 
Tout le temps ou Ulugh Beg fut le représentant de son père à Samarcande il s'adonna essentiellement à ses passions : les livres, les sciences et l'astronomie. Il transforme aussi sa ville créant des parcs construisant de splendides monuments et surtout son célèbre observatoire.
Entre 1417 et 1420 il fait construire la médersa une institution scientifique qui accueille de nombreux étudiants, à la même époque il en fait également construire une à Boukhara.
 
Il a eu sur son territoire jusqu'a dix mille étudiants répartis dans douze institutions.
 
Entre 1424 et 1429 il construit l'observatoire de Samarcande avec une équipe qui a compté jusqu'à 70 personnes.
On participés notamment :
- Qadi-zadeh Roumi qui lui a enseigné l'astronomie
- Al-kachi qui va jouer un rôle essentiel dans la conception de l'observatoire, mathématicien il a affiné le calcul de π jusqu'à 16 décimales.
-Ali Qushji  mathématicien élève d'Ulugh Beg c'est grâce à lui que les tables sultaniennes furent sauvées après l'assassina de son maître.
L'observatoire comprend un sextant de quatre vingt mètre de haut, un cadrant solaire et de nombreux instruments de mesures du temps et de l'espace.
 
Grace à cette observatoire Ulugh Beg va élaborer en 1437 les tables sultaniennes qui répertoriaient  plus de mille étoiles.
 
Mais voila à la mort de son père il est rattrapé par les problèmes politiques et ce n'est vraiment pas sa spécialité.
 
Il va être assassiné deux ans et huit mois après sa prise de pouvoir par des fanatiques religieux commandés par son propre fils qui fera ensuite raser l'observatoire.
C'est avec un grand talant que Jean Pierre Luminet nous conte le parcours D'Ulugh Beg. Et s'il prend parfois un peu de liberté avec l'histoire (il nous l'explique dans la postface) c'est pour nous offrir une fresque orientale vivante ou l'âge d'or des sciences arabes se confronte à l'intolérance de fanatique religieux et leurs croyances obscurantistes.
 
Vous trouverez dans la série les bâtisseurs du ciel : Le secret de Copernic, La discorde céleste, L'œil de Galilée et La perruque de Newton tous disponibles en poche. Auquel il faut ajouter : Le bâton d' Euclide. 
 
Bernard